Clémence Durieux, une entrepreneuse visionnaire à l’origine du Bon Gustave

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Vous êtes œnophile et 50% de votre galerie multimédia est occupée par des photos de bouteilles de vin ? Si ce n’est pas déjà fait, foncez et testez Le Bon Gustave. La démarche est très simple : vous envoyez via leur site www.lebongustave.fr ou leur application smartphone la photo de votre vin coup de cœur que vous avez découvert la veille au soir, dans votre bar à vins préféré. L’équipe du Bon Gustave vous le déniche et vous envoie un devis gratuitement en seulement 24 heures. Vous n’avez plus qu’à valider le devis et vous recevrez vos bouteilles chez vous, avec en bonus des informations sur votre délicieuse cuvée. Un vrai jeu d’enfants non ? Pour avoir testé le concept, je dois également dire bravo pour l’efficacité et la réactivité d’Anne-Charlotte, ma dénicheuse de Rully 1° cru du domaine Jacquesson (j’en profite pour recommander à 100% cette quille, qui offre un rapport plaisir/prix ex-cep-tion-nel).

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Quel a été ton parcours professionnel, avant le lancement du Bon Gustave ?
Clémence Durieux : j’ai réalisé une classe préparatoire à Versailles puis ai intégré l’école de commerce l’EM Lyon, ville pour laquelle j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai effectué un premier stage chez un distributeur de vins en Californie. Il y avait tout à construire, j’ai adoré travailler pour une petite structure. J’ai ensuite intégré pour 6 mois le département marketing de LVMH en France, avant de repartir pour 6 autres mois en Chine. Là, j’ai réalisé des missions de conseil  pour une PME du secteur viticole. Enfin, j’ai vécu une expérience à Barcelone, où j’ai rencontré des vignerons du Priorat avec lesquels je me suis liée d’amitié.

A quand remonte ton envie d’entreprendre ?
C.D. : L’envie s’est construite petit à petit, au fil de mes études. J’ai senti lors de mes expériences à l’étranger que j’étais beaucoup plus à l’aise dans les petites structures. Ce qui m’attirait au départ, c’était l’idée de créer de la valeur, d’emmener un groupe vers un objectif commun. C’est une aventure excitante, on en apprend tous les jours !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux personnes qui ont envie de se lancer mais qui n’osent pas faire le premier pas ?
C.D.: Je leur dirais justement « osez ! ». C’est une expérience formidable, on a rien à perdre et tout à gagner. On fait de superbes rencontres, on grandit tant au niveau personnel que professionnel.
C’est sûr, cela implique un fort engagement, du stress et au début, pas beaucoup de rémunération. Mais le jeu en vaut la chandelle !

Trois qualificatifs qui décrivent au mieux Le Bon Gustave ?
C.D.: Avant tout le service. C’est très important pour nous, nous nous présentons comme une entreprise de services et non de vente de vins. Ensuite la qualité, c’est notre valeur ajoutée.
Et pour terminer, l’innovation. On remet de l’humain dans l’achat digital. L’application smartphone est pour nous un outil, mais pas une fin en soi.

Sur la radio Lyon Première, tu indiquais que vos clients étaient le plus souvent des hommes âgés de 35 à 60 ans. Comment expliques-tu que les femmes et les jeunes actifs (25 ans et +) n’en fassent pas partie ?
C.D:
Le critère de l’âge s’explique surtout par le budget et la capacité de stockage. On demande en effet des commandes de 6 bouteilles minimum. En ce qui concerne le sexe, je ne sais pas bien l’expliquer. Je ne crois pas que notre communication soit vraiment masculine. D’ailleurs pour l’anecdote, quand on a lancé le Bon Gustave, nous étions une équipe 100% féminine. Au fond, le profil de nos clients correspond à celui des personnes qui réalisent leurs achats sur Internet.

Parmi tes demandes, observes-tu des tendances de consommation spécifiques ?
C.D.: Oui, on voit tout d’abord que le facteur saison influence beaucoup la demande de telle ou telle couleur. Par exemple en septembre, avec le rafraîchissement des températures, on a enregistré 70% de vente de vins rouges.
La deuxième tendance constatée, c’est la demande croissante de vins étrangers, surtout italiens et espagnols. Ils représentent aujourd’hui 20% de nos ventes.
En ce qui concerne les vins français, on observe une consommation surtout locale, avec des vins de la Vallée du Rhône, du Beaujolais, mais aussi du Languedoc.
Enfin, les vins bios connaissent également un grand succès.

Quels ont été tes plus grands obstacles dans ton lancement ?
C.D.: Le premier a été de l’ordre financier, car je me suis lancée à la fin de mes études. La la seconde grande difficulté a été d’asseoir ma crédibilité. Ce n’est pas simple au début, surtout lorsqu’on est une jeune femme qui se lance dans le secteur. Tu arrives comme un acteur de plus parmi tant d’autres. On était vu comme une simple application smartphone. Il a fallu que l’on gagne la confiance de nos partenaires, ça s’est fait avec le temps, en fournissant des prestations de qualité.
Un autre aspect compliqué sur le marché français, c’est que chaque vigneron a son système propre de distribution du vin, on ne peut pas faire de généralités. On se retrouve avec une multitudes d’interlocuteurs (vignerons, grossistes, distributeurs etc).

Ton plus grand accomplissement ?
C.D.: Avoir des clients satisfaits et fidèles !

Enfin, si tu étais un vin, lequel serait-il ?
C.D.:
C’est une question difficile ! Disons qu’un vin que j’aime beaucoup, c’est le cava. Un vin non prétentieux, accessible à tous et apprécié des épicuriens. En plus, c’est un vin qui a pris le soleil !

 

 

 

 

 

 

 

 

Women Do Wine : zoom sur les actrices du vin

Si vous vous intéressez un peu à l’actualité du vin, vous aurez certainement entendu parler de l’association Women Do Wine, créée par Sandrine Goeyvaerts. A la fois caviste, journaliste et blogueuse (je vous recommande vivement son blog La Pinardothèque) cette entrepreneuse belge n’hésite pas à remettre en question le statu quo. C’est en 2014, lorsqu’elle est nommée meilleure bloggeuse vin par la Revue des Vins de France, dans le cadre des Trophées du vin qui honorait les « Hommes de l’année » (oui, oui, vous avez bien lu… et non, Sandrine n’est point un homme) qu’a eu lieu son premier déclic. « Quand je suis montée sur scène, j’étais l’une des seules femmes. Il n’y avait que des hommes dans l’assemblée.  Je me suis dit, « mais pourquoi? », je connais plein de femmes méritantes »  me confie Sandrine.

fondatrices-women-do-wine« J’ai commencé à écrire chaque année à la RVF puis en janvier 2016, j’ai lancé sur Twitter le hashtag #womendowine. Celui-ci a provoqué une centaine de réactions, puis a commencé à être utilisé sur les réseaux sociaux. On en a parlé dans les journaux, chez France Inter. » poursuit-elle. Face à ces retombées, un an plus tard, en janvier 2017, Sandrine Goeyvaerts passe à l’étape suivante en créant l’association Woman Do Wine.

C’est un fait, la gente féminine fait encore les frais de certains stéréotypes. Prenons l’exemple du restaurant où la carte des vins est encore trop souvent tendue à nos amis / conjoints / maris. Idem pour la dégustation et les explications sur le vin servi. Par ailleurs, tout porterait à croire que le blanc et le rosé siéraient davantage au palais féminin, tandis que les rouges puissants et tanniques seraient réservés aux hommes.

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Fort heureusement, les femmes sont de plus en plus présentes et actives sur la scène viticole. Selon une enquête de la Mutuelle Sociale Agricole réalisée en 2016, elles représenteraient environ 50% des effectifs des cours d’œnologie (loin des 10% enregistrés dans les années 1970) et 25% d’entre elles seraient cheffe d’exploitation.

On les retrouve aujourd’hui dans tous les métiers du vin – sommelières, œnologues, vigneronnes, cavistes, bloggeuses, chargées de communication, journalistes etc.   Parmi les plus influentes l’on retrouve Nathalie Vranken (Vranken Pommery), Florence Cathiard (Chateau Smith), Pauline Vauthier (Chateau Ausone), Sandrine Garbay (Chateau Yquem), Ophélie Neiman (alias Miss GlouGlou), Marie-Dominique Bradford (fondatrice de Trois Fois Vin, pionnier sur le marché des box de vin en France) ou encore Sandrine Goeyvarts, pour n’en citer que quelques unes. Chacune apporte à sa façon un souffle nouveau dans un secteur aux tendances conservatrices : sensibilité, fraîcheur, capacité à remettre en question les règles du jeu, mais aussi à rendre les vins plus accessibles.

sylvie-courselle
@sylvie_courselle #vendanges2017

Parmi les femmes du vin,  68 sont aujourd’hui membres de Women Do Wine. Les critères pour y rentrer sont simples : il faut être une femme et s’intéresser au monde viticole. « Nous avons parmi nous des juristes, qui nous ont beaucoup aidées dans le lancement de l’association. Mais aussi des femmes en reconversion. » explique Sandrine. Leur site www.womendowine.com vient tout juste d’être mis en ligne, allez-y, lisez, commentez et n’hésitez pas à les rejoindre en leur écrivant à asso@womendowine.com. A moyen terme, une journée de rencontres sera prévue, avec au programme des conférences, formations, et bien entendu, tout plein de dégustations !

A bientôt donc, entre women doers 😉

 

 

 

Abadía Retuerta LeDomaine : un havre de paix où l’œnogastronomie règne en maître

Vous êtes en Espagne, sur la route des vins, et vous avez soif de découvertes insolites ? Je vous invite grandement à découvrir Abadía Retuerta LeDomaine, domaine viticole et hotel 5* situés dans la Vallée du Duero, à seulement 25 minutes en voiture de Valladolid et à 2 heures de Madrid.

Et hop, c’est parti ! Vous roulez sur la route N-122 direction Soria et apercevez au loin le panneaux Abadía Retuerta.  Tout à coup se dévoile sur votre gauche la majestueuse Abbaye Santa María de Retuerta, entourée de ses belles vignes. Là, le temps s’arrête, et le sentiment d’humilité s’impose face à la beauté des paysages.

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Vous tournez à droite, direction le domaine viticole. Vous avez réservé une visite avec apéritif champêtre et ça tombe bien, car le beau temps est de la partie. Votre guide vous reçoit (les visites peuvent se faire en anglais, parfois même en français selon les guides) et vous fait monter à bord d’un 4*4. Vous parcourrez les sentiers des 700 hectares de la propriété, dont 180 sont occupés par des vignes.
Pour le reste ? Ce sont les monts, les forêts de pins, les lavandes et chênes centenaires qui dominent. Si vous avez de la chance, vous pourrez peut-être croiser un chevreuil, un sanglier, un héron, un vautour ou bien encore un nid d’abeilles (on en compte 54 pour être exact) ! Et oui, Abadía Retuerta, c’est tout un écosystème naturel dans lequel chaque « acteur » joue un rôle déterminant dans le maintien de son équilibre.

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Quant au vignoble, on vous introduira très vite la notion de terroir (« terruño » en espagnol), cet ensemble de paramètres qui font que vos vins sont uniques : le climat, les (sous-)sols, l’orientation des vignes, l’altitude, les cépages cultivés, mais aussi les techniques de vinification employées.

Chez Abadía Retuerta hors de question d’acheter du raisin ailleurs. Tout provient des 54 parcelles (« pagos ») qui composent le domaine. Parmi les cépages, on retrouve 70% de tempranillo (tempranillo vient de « temprano » en espagnol qui signifie tôt, en référence à la maturité relativement précoce du cépage), 10% de Syrah et 10% de Cabernet Sauvignon, tous deux plantés sur des sols calcaires et sur des parcelles entourées de pins, créant ainsi un microclimat. Pour le reste, on retrouve de nombreux cépages non autochtones, cultivés en petites proportions : Gewurztraminer, Riesling, Merlot,  Touriga Nacional, Sangiovese, Nebbiolo etc.  Mais pourquoi donc, vous demanderez-vous. Non Mr. Anocibar, ne cherche pas à battre le record du plus grand nombre de cépages plantés par hectare ! Angel de son prénom, curieux de nature, est préoccupé par le changement climatique et teste donc la capacité d’adaptation de ces cépages au terroir du Valle del Duero.

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Passons à présent à la vinification, ou devrais-je dire, à la micro-vinification. Chaque parcelle est vinifié de façon séparée afin de préserver leurs spécificités respectives. Autre signe de modernité, le moût puis le vin sont conduits, tout au long du processus d’élaboration, par gravité, dans le but de respecter toutes les propriétés du raisin.
Quant au chai, « le petit bijou » du domaine, il compte environ 2.000 barriques, toutes suspendues sur une structure métallique. Chacune d’entre elle dispose d’un dispositif breveté qui permet, encore une fois, de conduire le vin par gravité et de limiter les mouvements.

Une fois terminée la visite, vous prendrez place à la dégustation et vous vous laisserez séduire par la superbe cuvée Selección Especial. Vin phare du domaine, son passage soyeux en bouche ainsi que ses intenses arômes  fruités vous envoûteront. Longueur en bouche et équilibre parfait, les 14,5°C d’alcool sont en effet compensés par une belle fraîcheur. Une cuvée nommée meilleur vin rouge du monde en 2005 à Londres, dans le cadre du concours Wine International Challenge.  Vous goûterez également l’un des 4 vins de Pago (l’équivalent du cru). J’ai choisi de vous parler de Pago Valdebellón, dont je suis une grande fan. 100% Cabernet Sauvignon, il surprend par sa complexité mais aussi par  sa paradoxale finesse et puissance. Des arômes de menthe et de romarin se mélangent aux notes fruitées et épicées. Une cuvée surprenante, totalement recommandable pour les winelovers !

vino de pago

Pour clôturer le tout, vous aurez le privilège de visiter l’Abbaye Santa Maria de Retuerta, monument fondé en 1146 et habité huit siècles durant par les moines de l’ordre des Prémontés. En 2012, après 7 ans de travaux de restauration, l’établissement ouvrira ses portes en tant qu’hôtel 5 étoiles. Et attention, les propriétaires n’ont pas fait les choses à moitié. Service complet de Majordomes, restaurant couronné d’une étoile Michelin et Spa Sommelier sont autant de services luxueux mis à la disposition des hôtes. Mais ce qui m’a personnellement touchée est de l’ordre de l’intangible : la grandeur, le silence, cette sensation de temps qui s’arrête. Abadia Retuerta LeDomaine est un véritable lieu de paix et de relaxation où il fait bon être coupé du monde !

restaurant étoile michelin

La Vallée du Douro au Portugal : un véritable coin de paradis pour les winelovers

Pinhão, Avril 2017. Cela fait déjà 5 mois et je m’en souviens comme si c’était hier !
Située au Nord du Portugal à moins de 2 heures de route de Porto, la Vallée du Douro est un véritable coin de paradis tant pour les amoureux de la nature que pour les amateurs de bons vins.

Berceau du Porto, la région est réputée pour ses splendides vignobles en terrasse qui sont d’ailleurs classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Rappelons que c’est dans la ville de Porto, qui a donné son nom à ce vin fortifié, que l’on retrouvera les chais d’assemblage et de conservation.

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Dans l’idée d’entreprendre le même voyage que celui destiné aux vins, nous avons débuté notre séjour à Provesende, l’un des plus vieux villages du Douro, situé à 20 minutes de Pinhão.
Je recommande fortement l’appartement – loué via Airbnb – de Ronald et Jet, chaleureux couple de Hollandais venus s’installer il y a une vingtaine d’années dans la région. Nous avions depuis notre terrasse une vue à couper le souffle sur les pentes vertigineuses des vallées environnantes.  Ancien guide oenotouristique et véritable épicurien, Jet nous a fait découvrir de nombreuses cuvées de la région à travers de délicieux accords mets-vins.

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Côté visites et découvertes, je recommande :

  • Quinta Do Panascal, l’une des 3 Quintas du groupe Fonseca, pour les incroyables vues qu’elle offre sur le fleuve du Douro et les  majestueuses vallées verdoyantes qui le bordent.
  • Quinta Das Carvalhas (« chênes » en français) pour ses visites sur-mesure du domaine, commentées par des guides passionnés tant pour leur région que pour leurs cuvées. La Real Companhia Velha, le plus ancien groupe viticole du Portugal (260 ans d’existence), met l’accent sur la notion de terroir, l’importance de l’équilibre de l’écosystème, la biodiversité et l’expression des cépages etc.
    Côté dégustation, je ne manquerai de partager mon grand coup de cœur pour la cuvée Sibio 2014, vin rouge issu d’une vinification biologique et d’un assemblage de différents cépages autochtones : Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinta Francisca et Sousão. Une édition limitée à 6 600 bouteilles, qui m’a marquée pour sa puissance et son intensité. En bouche c’est une authentique explosion de fruits mûrs, presque confits, qui perdurent pour le plus grand bonheur de ses dégustateurs. Ce vin complexe aux tanins encore marqués nous révèlera sans aucun doute de belles surprises dans quelques années ! Vous pourrez trouver Sibio 2014 à partir de 45€ (vous me direz, « ça commence à faire », mais qu’est-ce que ça vaut le coup !), notamment sur le site Uvinum. Rappelons que les vins de Porto et du Douro sont rarement bon marché car la culture sur les coteaux abrupts est complexe et très consommatrice de main-d’œuvre.vindouro
  • Si vous séjournez à proximité de Pinhão, vous ne pouvez manquer la balade en voilier commentée par le chaleureux Paulo. Visite privée (les bateaux peuvent acceuiller jusqu’à 10 passagers) sur un fond de musique jazz, et avec en prime un verre de Porto à déguster. Fermez les yeux un instant et respirez profondément… Vous êtes bel et bien au paradis ! Paulo est une personne authentique, amoureuse de sa région, qui partage avec passion ses connaissances et anecdotes.

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Pour clôturer notre voyage, nous avons passé une journée à Porto, la deuxième ville la plus grande après Lisbonne. Cette cité historique haute en couleurs est connue pour héberger de grandes caves, situées le long des rives du Douro, plus précisément à Vila Nova de Gaia.

Attention dans le choix des caves à visiter ! J’ai personnellement été déçue par Sandeman, les visites sont réalisées par groupe de 20 – 30 personnes et son calibrées à la minute près, difficile de poser des questions et d’avoir des échanges plus personnels.
Si c’était à refaire je privilégierais de plus petites structures familiales, telles que Porto Augusto’s, qui permettent de passer des moments plus conviviaux et où le personnel est plus disponible. A faire donc lors de notre prochain passage à Porto !

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Remírez de Ganuza, un domaine avant-gardiste au cœur de la Rioja Alavesa

Lors de mon récent voyage dans la région viticole de la Rioja, j’ai eu le privilège de visiter le prestigieux domaine Remírez de Ganuza, niché au cœur du pittoresque village Samaniego. A notre arrivée, j’ai tout d’abord été subjuguée par le spectacle que nous offrait la nature : d’un côté, un arc-en-ciel de couleurs dans les vignes, avec des déclinaisons chaleureuses de rouge-bordeaux, orange et or, et de l’autre, l’imposante montagne de la Cantabrique. Pour moi,  l’automne est sans aucun doute la saison idéale pour parcourir nos belles régions viticoles.

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Une fois à la réception, nous réalisons déjà que nous nous trouvons dans un domaine pas comme les autres. Les œuvres d’art contemporain (dont l’auteur n’est autre que Javier Remírez de Ganuza, fils du producteur Fernando) qui habillent les murs rompent avec l’image traditionnelle du secteur et reflètent l’ADN du domaine.
Nous sommes reçus par la chaleureuse Monica et commençons la visite aux côtés de huit autres personnes.

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L’origine de la propriété remonte à 1989, lorsque Fernando, ancien négociant dans le secteur de la charcuterie puis « chasseur » de terres viticoles,  décide d’acheter 27 hectares de vignes à Samaniego et d’y élaborer son propre vin.
Les premières vendanges en 1991 seront l’occasion pour le propriétaire d’observer et d’expérimenter. Il décide d’éliminer des grappes de certains pieds de vigne afin de vérifier si les raisins restants gagnaient en qualité. Il oblige les vendangeurs à réaliser une première sélection dans le vignoble et à ramener les grappes dans des palettes de 12 kgs, coutume beaucoup moins courante à l’époque. Il met en place les premières tables de sélection du pays. En 1992, il élabore son premier millésime, 20 000 bouteilles qu’il vendra en 1997 à 2 650 pesetas (l’équivalent de 16€) la bouteille. 1993 n’ayant pas été assez bon pour Fernando, il décide de ne pas commercialiser ce millésime. La production augmentera petit à petit pour atteindre aujourd’hui 150 000 – 200 000 bouteilles par an.

Autre découverte importante du viticulteur : il constate que sur une même grappe, les raisins de la moitié supérieure sont de meilleure qualité que ceux de la moitié inférieure. Avec les premiers (« los hombros », les épaules), il élabore ses grands crus, Trasnocho, Remírez de Ganuza, Fincas de Ganuza et éditions limitées. Le reste (« las puntas ») est destiné à l’élaboration d’un vin jeune, R. R.

Une fois les raisins collectés, ils sont placés immédiatement dans une chambre froide, à une température de 4°C. Le jour suivant, un deuxième tri est réalisé sur les tables de sélection, puis les raisins sont lavés dans leur propre jus.
Le moût, puis le vin, seront écoulés d’une cuve à une autre par gravité, afin d’éviter l’apparition de notes végétales qu’apportent les mouvements agressifs des pompes.

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Afin d’extraire le maximum de tanins et de saveurs de la façon la plus douce possible, Fernando a mis au point un système unique de pressurage : une membrane en PVC qui, une fois introduite dans la cuve, est remplie d’eau afin de faire délicatement pression sur le « gâteau » de marc. Le vin issu de cette presse est à l’origine de la cuvée Trasnocho. Une méthode qui permet d’éviter la friction entre les peaux ainsi que l’oxydation. Le résultat en bouteille est tout simplement splendide : structure, intensité aromatique, onctuosité et explosion de fruits noirs en bouche.

Autre belle découverte, Viña Coqueta 2008. Pour commencer, j’ai adoré l’étiquette, sa fraîcheur, sa féminité, sa gaîté. Une étiquette conçue par le fils de Fernando, Javier.  Au nez, c’est une explosion de fruits mûrs, de fruits secs et de notes balsamiques. En bouche, j’ai été séduite par sa densité, sa vigueur et ses tanins soyeux et fermes à la fois. Un vrai régal ! Un vin qui a dormi près de 26 mois en fût de chêne français (80%) et américain (20%), à boire dès maintenant ou courant 2020 – 2025 pour les plus patients !

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